Enseignants, parents : comment coopérer dans l’intérêt de l’enfant?

Pourquoi les parents souhaitent-ils aujourd’hui exercer un rôle de suivi ?

La maternelle n'est pas obligatoire, mais tous les enfants y sont inscrits. Ils arrivent donc en CP avec des acquis, ou des lacunes, c’est un fait. L’époque où les apprentissages démarraient au cours préparatoire est révolue. On peut le regretter, mais il est préférable d’adopter, de ce point de vue, une attitude rationnelle. Désormais, la maternelle exerce un rôle majeur dans l’éducation et l’instruction des enfants. Elle leur transmet des compétences fondamentales ; dont les bases de la langue (étudiée à l’oral).

Beaucoup de gens continuent à faire comme si ce changement n’avait pas eu lieu. Ils prétendent que l’école maternelle n’est pas obligatoire, et que l’enfant peut donc arriver au cours préparatoire plus ou moins vierge de tout connaissance. Cette attitude n’est pas rationnelle. Autrefois, lorsque les apprentissages démarraient véritablement à partir du CP, les enseignants débutaient l’année scolaire par l’apprentissage de l’écriture cursive et la phonologie. Aujourd’hui, ils débutent par l’apprentissage de la lecture. Ainsi, un enfant qui n’a pas acquis les mêmes compétences que ses camarades de classe, se retrouve tout de suite en décalage, en situation d’échec.

Les parents ont globalement compris le rôle de la maternelle aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle ils se montrent parfois pressants. Ils veulent éviter à leur enfant de se retrouver en difficulté au début du cours préparatoire. Ils montrent, par cette attitude, qu’ils entendent exercer leur rôle de suivi. Ce comportement est légitime. Il est naturel, et même souhaitable, que les parents soient impliqués dans l’éducation de leur enfant, quel que soit le niveau.

De notre point de vue, il convient de réfléchir à la manière dont cette contribution pourrait s’exercer dans les meilleures conditions possibles. A la façon de favoriser la participation des parents, sans que celle-ci devienne oppressante pour l’enseignant.

Les devoirs à la maison incarnent une forme peu intéressante de coopération parents / enseignants.

A partir du CP, les parents expriment leur désir d’exercer ce rôle de suivi, en demandant à l’enseignant des devoirs à la maison, même lorsqu’ils savent que les devoirs écrits sont interdits. Ce qu’ils souhaitent est évident. Ils veulent savoir ce que leur enfant fait en classe, savoir s’il a compris ce qu’il a fait, pour être en mesure, le cas échéant, de l’aider. Pour autant, les devoirs à la maison remplissent particulièrement mal ce rôle :

  • D’abord parce qu’ils représentent une charge de travail supplémentaire pour l’enfant.
  • Ensuite parce qu’ils provoquent des conflits, soit entre les parents et leur enfant, soit entre l’enseignant et ses élèves (lorsque les devoirs ne sont pas faits).
  • Enfin parce qu’ils sont inefficaces, à plus d’un titre. En premier lieu parce que les enfants qui rechignent le moins à les faire sont ceux qui pourraient s’en passer. En second lieu parce qu’ils ne correspondent pas, en général, aux besoins des enfants en difficulté. Ensuite, parce qu’ils ne permettent pas aux parents de véritablement savoir ce que l’enfant a fait à l’école. Enfin, parce qu’il faut ensuite les corriger en classe, ce qui prend du temps, un temps qui n’est pas consacré aux apprentissages.

Vers une vraie coopération parents / enseignants.

La forme la plus profitable que pourrait prendre une coopération parents / enseignants, serait une coopération qui permettrait aux parents d’exercer leur rôle de suivi efficacement, sans devenir envahissante pour l’enseignant.

Nous avons réfléchi à cette question. L’élément essentiel, la concernant, consiste à comprendre le point suivant : certes, les parents s’intéressent à tout ce que fait l’enfant à l’école, son travail, les projets auxquels il participe, néanmoins, ce qui les préoccupe le plus, ce sont les apprentissages de français et de mathématiques, car ceux-ci conditionnent en grande partie sa réussite scolaire. Il serait donc possible d’envisager une coopération entre enseignants et parents, à la maternelle, ne portant que sur ces apprentissages (soit 1/3 du temps scolaire environ pour ceux qui utiliseraient nos cours). L’enseignant disposerait ainsi, dans ce cas de figure, d’une réelle marge de manoeuvre.

Les cours que nous vous proposons ont été préparés pour faciliter cette coopération. En les utilisant, l’enseignant n’aurait qu’à transmettre aux parents la référence des séquences abordées en classe, pour leur permettre d’aider leur enfant à raconter sa journée (en donnant par exemple l’adresse URL des pages correspondantes de notre site). Les parents pourraient, de la sorte, amener leur enfant à s’exprimer davantage (l’un des principaux objectifs de la maternelle), tout en lui permettant de réinvestir les notions étudiées en classe. Ils pourraient, par la même occasion, vérifier qu’il a bien compris le travail effectué, dans les domaines fondamentaux et, le cas échéant, l’aider. Ils pourraient, en d’autres termes, exercer un rôle non négligeable, sans pour autant avoir besoin d’importuner l’enseignant.

Quelles caractéristiques ont les séquences que nous proposons pour atteindre ce but plus facilement ? D’abord, elles portent sur les compétences qui préoccupent le plus les parents. Ensuite, toutes les explications nécessaires pour leur permettre de comprendre ce que l’enseignant a fait en classe, et comment, sont apportées. Enfin, elles sont accessibles librement sur notre site, même si l’enseignant peut préférer les photocopier, ou les parents se les procurer.