A quoi servent les cycles ?

Les cycles sont apparus, à la fin des années 80, pour faire face aux problèmes posés par l’hétérogénéité du public scolaire (1). L’idée était de rassembler les compétences que les enfants doivent acquérir à l’école élémentaire, sur des périodes de 2 à 3 ans au lieu d’1 seul, le niveau de référence. Dans l’esprit, cette politique avait pour ambition d’offrir aux enseignants un cadre moins rigide, les incitant à différencier leur pratique, à adapter leurs cours aux besoins des élèves.

N’ayant aucun outil viable à leur disposition, les enseignants se sont retrouvés, pour devoir la mettre en oeuvre, à fabriquer des quantités de cours au quotidien (répondant aux besoins de chacun), à évaluer les enfants au jour le jour et dans les moindres détails (pour être en mesure de les identifier), et à multiplier les réunions de concertation (pour effectuer des groupes de besoins répartis entre les membres composant l’équipe enseignante). Tous les enseignants n’ont pas accepté d’effectuer ce travail de titan, mais parmi ceux qui l’on fait, beaucoup se sont découragés. Cela étant, la politique des cycles a été abandonnée, mais les cycles, eux, sont restés…

Aujourd’hui les cycles renvoient davantage à des programmes, conçus sur une durée plus longue que l’année scolaire, qu’à cette même politique des cycles. Chaque année, les enseignants essayent d’aborder l’ensemble des compétences devant être acquises sur la durée du cycle. Pour cette raison, leurs programmes sont à la fois chargés et répétitifs : sur l’ensemble de la durée d’un cycle, les enfants vont travailler les mêmes notions plusieurs fois. On peut en conclure que l’esprit de la politique des cycles a été abandonné au profit d’une pédagogie de la répétition, plus facile à mettre en place.

  • (1) Les effectifs scolaires ont toujours étés plus ou moins hétérogènes. Mais lorsque la scolarité est devenue obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, la situation a complètement été modifiée. Avant cette réforme, les jeunes quittaient majoritairement le système éducatif pour aller travailler, à 14 ans.  Après, il a fallu conserver dans les classes l’ensemble des effectifs et, ce faisant, apprendre à gérer des groupes ayant des niveaux fortement disparates. Les problèmes de l’école sont devenus manifestes à partir de cette réforme. 

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